L'Empire Disney - Chapitre Troisième (B)

Publié le par Captain'

 

Les influences musicales

 

Walt Disney montre dans ses œuvres un intérêt tout particulier pour la musique. Il est d’ailleurs http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTAgmnjNmqMmfKokd6afiPR1Yj383OBQnASd0wauekw8Lm3Wn6V&t=1le premier réalisateur à utiliser la musique dans un dessin animé. En effet, pour le troisième cartoon de sa célèbre souris, Steamboat Willie, il décide à l’image du film Le Chanteur de jazz, de lui attribuer des cordes vocales. Mêlant bruitages et musique, ce premier court métrage animé parlant, permis à Disney de disposer d’une renommée importante et d’imposer finalement son héros Mickey Mouse. Outre le cartoon, les longs métrages du studio furent souvent considérés comme des comédies musicales animées. Des films comme Blanche Neige, ou Le Livre de la jungle bénéficient de partitions musicales exclusives, mais aussi de chansons souvent caractérisées par des rythmes dynamiques, et des airs joyeux. Certains parlent même de musique « Broadway ». Cependant, Walt Disney va, à l’image de ses histoires, trouver son inspiration dans la musique classique européenne. Les deux exemples les plus concrets en sont certainement La Belle au bois dormant et Fantasia.


            Au début de sa production, La Belle aux bois dormant ne prenait pas en compte la musique écrite par Tchaïkovski pour le ballet du même nom. Disney avait effectivement engagé le compositeur Sammy Fain pour écrire une musique exclusive au film, qui dans la lignée des autres films du studio, présentait de nombreuses chansons joyeuses et rythmées. Cependant, devant la tournure particulière que prenait l’aspect graphique du film, Disney estima qu’une musique plus raffinée et plus majestueuse correspondrait mieux au style du dessin animé. Il décida donc de se servir de l’œuvre de Tchaïkovski comme support musical, et ce fut le compositeur George Bruns qui prit en charge d’adapter le ballet pour les besoins du film. Son travail fut d’ailleurs salué par la profession à l’occasion  des nominations aux Oscars.

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Alors qu’à l’origine le ballet, écrit en 1890, durait plus de quatre heures, Bruns n’en conserva que quelques thèmes, devant tenir dans un film de 75 minutes. Il organisa la bande originale du film à la manière de Tchaïkovski, reprenant le principe du leitmotiv, où un thème musical particulier correspond à un personnage ou à une ambiance. C’est par exemple  le cas pour la valse n°6 de l’acte premier du ballet qui fut utilisée pour évoquer l’amour de la Princesse et du Prince, ou encore pour la Variation II du troisième acte qui servit de leitmotiv pour les fées. D’autre part, certaines mélodies furent accompagnées de chansons, comme « J’en ai rêvé » et bien que de nombreux chants soient prévus sur les thèmes de Tchaïkovski, seulement  trois, en dehors des chœurs, trouvèrent leur place. On constate la synchronisation entre l’action du film et la musique : les reprises des thèmes correspondant parfaitement au déroulement de l’action. Le meilleur témoignage de ce rapport a lieu lors de la confection du gâteau d’anniversaire par les fées. Chaque changement, ou nouvelle interaction de personnage voit apparaître une variation dans le thème principal, permettant une séquence plus intense. On peut par ce fait établir une similitude entre la musique pour film et la musique pour ballet. Dans les deux cas, toute l’action est prédéfinie, chorégraphiée, les rythmes sont planifiés pour y correspondre parfaitement.

 

            http://farm2.static.flickr.com/1386/1443207062_409570d62a_b.jpgPar delà cette réutilisation de la musique pour répondre aux besoins d’un film, Disney développe cette caractéristique particulière : développer un film à partir d’une musique. C’est bien sûr le cas dans son œuvre de 1940, Fantasia. Il s’agit là d’un « film concert », qualifié par les critiques comme une « forme de spectacle radicalement nouvelle ». Dans la réalisation de Fantasia, c’est en effet la musique qui a déterminé la couleur, le graphisme, le rythme et tous les caractères de l’action à l’écran. Preuve de son engagement dans le projet, Disney se ruina à mettre au point le système Fantasound, ancêtre du stéréo. Cependant, il n’en était pas à son coup d’essai dans ce type d’animation. Dès 1929, il entame la réalisation des Silly Symphonies, cartoons où sur un thème musical dominant se développe de même l’action des personnages.

Fantasia marque tout de même sa différence, en reprenant des classiques européens déjà connus, réorchestrés par Léopold Stokowsky. On y retrouve sept partitions différentes aux compositeurs aussi célèbres que Beethoven, Stravinsky, Bach, et où Disney s’amuse aussi bien à recréer l’origine du monde, qu’à faire danser crocodiles et champignons. Mais la scène la plus connue qui ressort deFantasia, réside dans l’illustration de L’apprenti Sorcier de Paul Dukas, créée en 1897.

 

Cette séquence devait à l’origine servir de trame à un unique cartoon. Sa longueur amena Disney à songer à un long métrage. Il faut remarquer que cette adaptation avait pour but la revalorisation de Mickey Mouse face à son rival Donald Duck, plus populaire. Pour Walt Disney, Fantasia était plus qu’un dessin animé. Il prévoyait même de le diffuser uniquement dans les salles de concerts, projet trop coûteux qu’il abandonna finalement. Dans son enthousiasme et son projet de révolutionner l’animation, il pensa même à renouveler son œuvre tous les ans, mais son échec financier l’en dissuada (une nouvelle version parut tout de même soixante ans plus tard : Fantasia 2000).


            La musique chez Disney peut donc se définir de trois façons : elle peut reprendre les principes de comédie musicale, peut être reprise pour un film, ou illustré par une histoire.

 

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