L'Empire Disney - Chapitre Troisième (A)

Publié le par Captain'

 

Chapitre 3 : 

Des films influencés

 

 

La partie précédente laissait entrevoir que Disney se servait dans ses parcs de la culture européenne. Cependant, cette affirmation va plus loin. Disney s’inspire directement de l’Europe dans toutes ses œuvres, tant sur le plan « scénaristique », musical, que visuel. Ainsi, Disney perçu, comme un exemple de l’actuelle mondialisation, peut tout aussi bien illustrer les échanges entre les différentes cultures.

 

 

 

Les influences scénaristiques

 

Les œuvres de Walt Disney prennent, pour la plupart, appui sur des œuvres de la littérature européenne. S’étant fait connaître dans les années 1920 et 1930 par la création de courts métrages animés, où apparaissent les personnages emblématiques que sont aujourd’hui Mickey Mouse ou Donald Duck, Walt Disney décide en 1935 de s’atteler à la réalisation d’un long métrage. Il prendra pour inspiration le conte des frères Grimm : Blanche-neige. Ce film, sorti en 1937 est révolutionnaire en tous points. Il marque un tournant dans l’histoire du cinéma et du studio, qui fit de la réalisation de longs métrages une de ses lignes directrices. Toujours en quête d’inspiration, Disney fit établir en 1943 une liste de tous les chefs-d’œuvre de la littérature mondiale qu’il aurait souhaité adapter. Dans cette liste, des histoires aussi diverses que L’Odyssée d’Homère ou La Bible prennent place aux côtés des Mille et Une Nuits ou du Barbier de Séville. Bien que certaines aient été effectivement réalisées, la plus grande partie restera à l’état de projet.

En 1959, pour son 10ème long métrage, Walt Disney sort sur les écrans La Belle aux bois dormant.http://storage.canalblog.com/15/70/520839/32989994.jpg Ce film, qui aura attendu six ans pour parvenir à sa forme finale, est le troisième conte adapté par Disney. Ayant des origines assez floues (la première version aurait été écrite au XIVème siècle en Espagne, mais l’on retrouve aussi des anciens récits chinois et arabes similaires), l’histoire de la Princesse Aurore fut rendue célèbre par Charles Perrault en 1697 dans le recueil : Histoires ou Contes du temps passé avec des moralités. La version de Disney de La Belle aux bois dormant, fut comme toutes ses œuvres une interprétation personnelle du conte. Il lui fallait à la fois rompre avec Blanche Neige et Cendrillon, mais aussi « adoucir » l’œuvre d’origine. En effet, dans l’histoire de Perrault, le réveil de la Princesse ne se situe qu’à la moitié du récit, celle-ci doit encore subir d’autres tourments avec son mari, qui part à la guerre, et une ogresse voulant la dévorer elle et ses enfants. Ainsi, Walt Disney et ses scénaristes ne conservèrent que la structure brute du conte, oubliant la moitié de l’histoire originelle, la transformant en « Happy End ». On reprocha souvent à Disney ses adaptations peu fidèles et jugées trop enfantines des œuvres d’origine, comme ce fut le cas avec Peter Pan. Cependant, on peut voir dans cette adaptation, la « marque de fabrique » Disney : l’histoire qui se termine bien. De plus, il faut remarquer que c’est bien ce type de divertissement qui permit à Disney de se faire connaître ; lorsqu’en 1929, il  sort ses premiers court métrages de Mickey, il fait rire le public qui peut oublier quelque temps la crise.

Outre la transformation de la trame globale de l’histoire, La Belle au bois dormant connut un autre changement majeur. Afin de donner plus d’ampleur au côté tragique du récit, la connaissance par la Princesse de son propre sort fut supprimée. Cela permit d’une part de traiter le personnage d’Aurore comme un personnage « normal », qui n’a pas peur face au danger qu’elle ne soupçonne d’ailleurs pas, et qui pourra finalement « vivre pleinement ». Ainsi, un tel changement amène une plus grande sympathie et liberté pour le personnage principal. D’autre part, cela va permettre de rehausser le suspense du conte. Pour illustrer ceci, prenons appui sur la scène où la Princesse, attirée par une étrange lumière, se rend vers la quenouille avec laquelle elle se piquera.

 

Cette séquence présente une importante tension pour le spectateur. En effet, tous les éléments sont réunis pour permettre le suspens. Une telle atmosphère découle principalement de la musique, ainsi que des décors. Cependant, le scénario contribue aussi à faire monter la tension. On peut tout d’abord constater dans cette scène une opposition marquée entre les fées et la Princesse. Cette dernière, inconsciente du danger se rend lentement vers sa perte. Les fées quant à elles, sont à l’image du spectateur. Elles savent ce qui va arriver, s’inquiètent. La cherchant désespérément, courant, elles sont finalement impuissantes. C’est ce sentiment d’impuissance du spectateur, de lutte désespérée, qui fait la force de cette scène. Nous ne pouvons rien faire face au mal qui guide la Princesse vers sa perte.

 

Nous pouvons donc dire que Disney s’inspirant pour ses films d’histoires, tirées majoritairement de la culture européenne; et se basant sur des schémas assez simples, transforme les récits afin de leur donner plus de force. Tout tend finalement à donner une vision, certes, moralisatrice mais aussi à offrir  un véritable divertissement familial.

 

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Publié dans Dossiers

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