L'Empire Disney - Chapitre Deux (C)

Publié le par Captain'

 

…qui recycle les autres cultures.

 

Par delà, l’omniprésence de la culture américaine dans le complexe Disneyland Paris, le parc témoigne aussi d’influences européennes. Bien sûr, le secteur du parc dénommé « Fantasyland » représente à la manière des films de Disney, une Europe idéalisée, entre petits villages, château, et autres bâtiments typiques. Cette représentation disneyen du Vieux Continent sera d’ailleurs étudiée dans une dernière partie. Mais outre ces éléments, la création d’un parc à Paris posa quelques problèmes. Il fallait en effet l’adapter à notre continent. L’illustration la plus souvent reprise repose sur la création d’arcades dans Main Street USA, afin de protéger les visiteurs de la pluie. En outre, le parc suscita de vives critiques : on parla de « Tchernobyl culturel »,  les français acceptant mal l’américanisation.  


Pour répondre à ces critiques, assurer une certaine qualité et rehausser l’intérêt du parc, la Walt Disney Company décida de reprendre les modèles américains, mais de les adapter pour l’Europe. En particulier, les attractions reprenant des mythes classiques, on ne pouvait « duper » les européens avec leur propre culture. La simple mise en place d’éléments pittoresques comme aux Etats-Unis ne convenait plus, il fallait tout travailler dans le détail. De cette façon, les clients européens pourraient mieux s’y reconnaître. http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcThVsq7E-_UXgSY2RxWUgCcJTdfgxMyrzeMaETZ-8kaUC4tMuzLPar ailleurs, un autre rapport à l’Europe se mit en place. Disneyland fut en effet obligé de s’en démarquer à sa manière, dans la mesure où de grands châteaux et où le monde du luxe concurrencent le parc. Il ne s’agissait plus de transposer des clichés, mais de transformer cet univers en un monde véritablement féerique, capable de marquer sa différence. C’est par exemple le cas avec le symbole même de chaque parc. Les châteaux disneyens des Etats Unis, du Japon, et maintenant de Chine reprennent une architecture assez traditionnelle : remparts, grandes tours imposantes, et construction semblant en pierre. On constate aussi la démarcation du donjon avec les autres bâtiments. En opposition, le château français se construit plus par une superposition de tours, il y a peu de remparts et ceux-ci sont plus « ouverts ». Enfin l’étalement est moins grand et les matériaux de construction moins perceptible. Nous sommes donc loin du château fort classique.

 

Dans une autre mesure, le secteur Discoveryland témoigne de la réutilisation de la culture européenne. Sur le fond, il est conforme aux autres parcs, puisqu’il reprend les mêmes attractions et la même idée de départ : partir à la découverte du futur, de la science-fiction. Cependant, sa forme est tout à fait particulière. http://media-cdn.tripadvisor.com/media/photo-s/00/11/4d/71/space-mountain-mission.jpgIl y a rapprochement des idées futuristes américaines avec leurs sources européennes, à savoir les grands inventeurs et explorateurs. Ainsi, Discoveryland reprend pleinement des « graphismes » inspirés des oeuvres de Jules Verne et de ses illustrateurs. Le décor est composé d'éléments futuristes inspirés du début de l'ère industrielle. Le fer, la vapeur et l'électricité naissante ont été utilisés comme dans les œuvres de Verne: de nouveaux outils dans les mains de l'homme afin de braver la nature. Cette utilisation beaucoup plus fantaisiste, et certainement plus rassurante du futur, est le résultat d’une obligation. Dans son contrat, l’Etat imposa de rendre dans le parc un hommage particulier à la culture française. Il fallait, comme c’est le cas pour les américains avec Frontierland, trouver dans le parc un certain reflet de notre monde.


Ainsi, par l’exemple de Disneyland, nous pouvons déjà ressentir l’importance des influences dans l’empire disneyen. Cependant, elles témoignent à la fois de la volonté de rendre hommage à notre culture et notre histoire, mais aussi de plaire à un public cible, et donc faire plus d’entrées.

 

 

Au terme de cette partie, nous avons tenté d’illustrer à travers l’étude du parc d’attraction, que l’Empire Disney est le symbole même de la mondialisation. Il représente à la fois l’hégémonie économique et culturelle des Etats-Unis. Pour ce faire, il fait recycler les influences des différentes cultures du Monde en les américanisant.

 


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