L'Empire Disney - Chapitre Deux (A)

Publié le par Captain'

 

Chapitre 2 :

 

Disney diffusé

                  

 

            Par delà les films et les produits dérivés, Walt Disney parvient à entretenir son empire et à l’enrichir en créant l’un des premiers parcs à thème : Disneyland. Représentant aujourd’hui plus de 30% du chiffre d’affaires de la société, les parcs d’attractions sont en partie à l’origine du symbole de la consommation précédemment étudiée. Cette entreprise à part entière est l’une des meilleures illustrations du phénomène de mondialisation. Nous en rendrons compte à travers l’étude du parc Disneyland Resort Paris, créé en 1992 en Seine-et-Marne. 

 

 Une puissance commerciale…

                                  

            La représentation commune de Disneyland est celle d’une énorme machine commerciale. Ce parc est vu comme un moyen supplémentaire d’accroître les rentes de la Walt Disney Company, et d’asseoir sa suprématie dans le domaine des loisirs. Cependant, la légende idéalisée de la construction de Disneyland repose sur l’histoire même de son créateur. Dans cette version, il n’est nullement question de profits, mais juste de l’élaboration d’un souvenir personnel (la ville natale de Walt Disney) et d’une déception particulière à l’égard des parcs d’attractions déjà existant. Tels les caprices d’un enfant, Disney se fait construire dans les années 50 un petit train dans sa propriété. Pensant l’étendre à son studio, il décida finalement d’en faire un parc. Ce sera Disneyland, inauguré en 1955 en Californie. Remarquons que Disney prévoit tout de même sa publicité et crée la même année sa propre émission de télévision. Après la mort du maître, la construction des autres parcs ne fut pas aussi idéaliste, et répondit plus à la volonté d’une diffusion massive et surtout commerciale de son image. http://bibinopapx.files.wordpress.com/2011/02/artykult-disneyland-resort-paris-logo.pngL’objectif visé est clair : permettre à la division Parcs de la Company d’augmenter ses recettes. En effet, c’est un moyen de toucher de nouveaux foyers de consommation, en s’attaquant à l’Asie avec Tokyo en 1983, puis à l’Europe en 1992. Les chiffres sont unanimes : le parc parisien a accueilli depuis son ouverture 200 millions de visiteurs. Il a reçu pour l’année 2008 : 43% de Français, 16% de Britanniques, 13% de personnes venant du Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg), 12% d'Espagne, 4% d'Italie, 3% d'Allemagne et 9% du reste du monde. De plus, au premier semestre 2009, il dégageait un chiffre d’affaires de 309,6 millions d’euros avec une dépense moyenne de 43 euros par visiteurs. Ces chiffres illustrent bien le succès de la stratégie commerciale de Disney, voulant s’étendre au monde. 

          

  Nous avons jusqu’ici montré que Disneyland Paris correspondait à la volonté de la Walt Disney Company de s’implanter sur le sol européen. Cependant, un autre phénomène de mondialisation entre en jeu : la création du centre de loisirs est aussi le résultat d’une volonté politique nationale. Certes l’entreprise américaine veut s’installer en France, mais la France veut aussi l’accueillir. Il y a là une nouvelle illustration de l’importance commerciale du parc Cela se ressent tout particulièrement lors de son élaboration. Dès les années 1970, il existait un projet de parc français, mais les négociations aboutirent difficilement. Le projet fut relancé en 1984 par Michael Eisner, les concepteurs du futur Euro Disney sélectionnèrent deux candidatures possibles : la France et l’Espagne. Disposant chacun d’avantages particuliers, comme la position géographique, ou le climat, la lutte entre les deux pays se fit à travers les subventions. La France propose ainsi allégements fiscaux, crédits, prolongement du RER jusqu’au parc. Le 24 mars 1987, l’Etat signe un contrat de 30 ans pour le développement du complexe Euro Disney Resort. L’attitude du gouvernement français est, malgré la masse de critiques, justifiable : la présence du parc lui permet en effet d’appuyer sa position de première puissance touristique mondiale. En effet, Disneyland Paris est la première destination touristique d’Europe. De plus, les débouchés économiques pour l’Etat et la population française sont conséquents : 49 000 emplois directs et indirects sont créés d’après Euro Disney SCA, dont 13 000 pour les seuls parcs.


Ces différents éléments d’ordre économique peuvent justifier et illustrer à eux seuls le phénomène de mondialisation et de commercialisation de Disney. Cependant, il faut dans notre étude constater que l’organisation même du parc Disneyland Paris, outre ses sept hôtels, est en fait un système purement commercial. Tout d’abord par la présence des 28 boutiques et d’une trentaine de restaurants, on donne priorité au commerce. Placés à des endroits stratégiques, le visiteur est, notamment en sortant d’attractions, obligé de les traverser. On s’assure ainsi du contact avec les produits dérivés. Se voulant être un pays, le parc est organisé en différentes régions, dont la première, Main Street USA, est composée essentiellement de zones marchandes.

http://www.atkielski.com/PhotoGallery/Paris/Disneyland/images/DisneylandLarge.jpg

Or ce secteur est la principale voie de circulation du parc : toute entrée se fait par là, toute sortie s’y effectue, toute parade y défile. Les clients sont donc contenus à l’intérieur même d’un centre commercial, qui les amène indirectement à la consommation. D’ailleurs, le règlement même du parc, qui interdit la consommation de panier repas, force les visiteurs à dépenser dans les divers restaurants. Par delà ces éléments d’ordre urbanistique, évoquons les partenariats des attractions qui sont aussi le vecteur de publicité, et permettent la diffusion de grandes marques. Ce partenariat bénéficie aussi à Disneyland, du fait de la publicité réalisée par les groupes partenaires.

 


Au terme de cette partie, nous avons donc illustré un des caractères de la mondialisation significatif de l’empire Disney : sa commercialisation. Celle-ci se fait donc à plusieurs niveaux, et selon différents points de vue. L’empire Disney témoigne à sa manière de la domination économique des Etats Unis. 

 

 

 

 Suite

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