Cheval de Guerre : "Be brave !"

Publié le par Captain'

 

Spielberg de retour à des films plus intimistes,
et en lice pour les Oscars !

 

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Fiche Technique

Réalisateur : Steven Spielberg
Acteurs : Jeremy Irvine, Peter Mullan, Emily Watson
Durée : 2h26
Pays de Production : Etats-Unis, Inde
Date de Sortie :  22 Février 2012

 




Scénario (Allociné) :

De la magnifique campagne anglaise aux contrées d’une Europe plongée en pleine Première Guerre Mondiale, "Cheval de guerre" raconte l’amitié exceptionnelle qui unit un jeune homme, Albert, et le cheval qu’il a dressé, Joey. Séparés aux premières heures du conflit, l’histoire suit l’extraordinaire périple du cheval alors que de son côté Albert va tout faire pour le retrouver. Joey, animal hors du commun, va changer la vie de tous ceux dont il croisera la route : soldats de la cavalerie britannique, combattants allemands, et même un fermier français et sa petite-fille…



L'Avis de Captain' :

Peut-être le plus grand cinéaste de notre époque, Steven Spielberg est un cinéaste touche à tout. Capable de réaliser La Liste de Schindler tout en dirigeant Jurrassic Parc, il parvient à conserver une grande cohérence cinématographique tout en travaillant des genres très différents. Et une fois n'est pas coutume, Spielberg fait le grand saut puisqu'il sort après son excellent Tintin, son Cheval de Guerre; deux films des plus différents tournés quasiment en même temps. Dire qu'on attendait ce Spielberg n'est pas un faible mot. Sorti à une semaine d'intervalle de Tintin aux US, et ayant reçu un accueil des plus chaleureux, jusqu'à sa nomination aux Oscars, sa bande annonce promettait des merveilles. Et une fois de plus, Spielberg renoue avec son cinéma, et surprend encore par son immense talent.

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Les plus jeunes d'entre nous, et j'en fais partie, n'ont encore jamais eu l'occasion de vivre un film "émotions" de Spielberg sur grand écran. D'aucuns se souviendront d'un certain E.T., de La Liste de Schindler, ou encore de La Couleur Pourpre,... Et à vrai dire, le cinéma de Spielberg ne s'apprécie pas mieux qu'au cinéma. Avec Cheval de Guerre, vous entrez dans la salle avec cette attente furieuse, cette petite appréhension que vous essayez de calmer. Puis les lumières s'éteignent autour de vous, vous restez assis pour 2h30 qui passent en un instant mais qui imprègnent une vie d'émotions. Et lorsque le rideau se ferme, encore béat, vous restez figés dans un silence quasi-religieux, à savourer jusqu'à la dernière note de la partition de John Williams. Vous retournez à la réalité encore un peu abbasourdis.

On pourrait aisément dire qu'avec ce Spielberg tout est là : chaque scène, émotion et thème renvoie directement à la galerie personnelle du réalisateur. Un vrai "Made in Spielberg" en somme : amitié inébranlable, guerre, mort, espoir, père,... Qui d'autre aurait-pu traiter un sujet pareil : le destin d'un homme et son cheval qui séparés par la guerre traversent les champs de batailles dans l'espoir de se retrouver.

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Mais ce qui est intéressant, c'est aussi l'aspect particulier de ce Cheval de Guerre dans la filmographie de Spielberg. Celui-ci plante sa caméra dans un univers qui lui était encore inconnu : la ferme. Avec beaucoup de soin et de tendresse, il retranscrit avec bonheur ces séquences de vie à la campagne. Il quittera aussi la guerre des mondes et la seconde guerre mondiale, pour parcourir pour la première fois son aînée. Cette guerre 14-18 traitée transversalement, tantôt parmi les soldats britanniques, dans la campagne française, ou dans les tranchées allemandes, est contée comme un road-movie. Un road-movie en enfer. L'histoire revêt ainsi un aspect linéaire, circulaire au point de boucler la boucle, et développe des thèmes chers à Spielberg : la force du courage et de l'espoir, le plaisir de l'effort, la rencontre du prochain. Car ce cheval qui en passant de main en main apprendra à chaque rencontre, nous apprend à chaque rencontre. Il crée les relations entre les hommes. Et si Tintin fut pour Spielberg l'Aventure avec un grand A, Cheval de Guerre est plutôt l'aventure Humaine avec son grand H

Depuis longtemps, Steven Spielberg entreprend de dépasser ses propres limites. Quand il faisait encore inlassablement et bêtement tirer Tom Hanks sur un tank dans le soldat Ryan, le cheval ose ici sauter par-dessus, comme ci Spielberg dépassait ses propres films, ou ses propres impasses. Dans Cheval de Guerre, il franchit une étape visuelle : il nous offre la plus belle photographie qu'il nous ai donné  à voir à ce jour, avec ses décors, plans et couleurs sublimes. En revanche, il y a un grand parti pris sur la question de la violence. En voulant poser Cheval de Guerre comme un film familial, ce qu'il est, Spielberg prend grand soin à cacher toute trace de violence outrageante : autrement dit, fini les tripes qui ressortent. De ce fait, il ne restera certainement pas comme le meilleur réalisateur de la guerre 14-18, au bénéfice nottament de Jean Pierre Jeunet. Le traitement du son est tout aussi remarquable : Spielberg joue sur un son à 360°, vous serez encerclés par les chevaux au galop, jusqu'à être surpris par l'obus inattendu... Quand à la bande originale, John Williams nous signe sa meilleure partition depuis longtemps, que vous savourerez jusqu'au bout.  

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A la lecture de ces lignes, vous comprenez que Cheval de Guerre est un très bon film. Spielberg excelle une fois de plus, et ce film est une expérience à vivre. On pourrait cependant lui reprocher d'avoir par souci démagogique fait tourner son brillant casting international entièrement en langue anglaise; tout comme d'avoir retranscrit certains épisodes du parcours de ce cheval de façon anecdotique, ou qui en tout cas manque de poigne. Mais tant pis. Évitez les préjugés sur ce cheval du guerre, et percevez le plutôt comme le compagnon qui vous fera traverser la 1ère Guerre Mondiale. Quand on aime le cinéma de Spielberg et quand on a l'âme légère, il fait partie de ces petits plaisirs simples.



Ma Note :

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olivier de vergnies 09/03/2015 22:33

Merci pour cet article .