American History X: "Même si la passion nous déchire, elle ne doit pas briser l'affection qui nous lie"

Publié le par Stone


Après quelques mois de retard, voici la critique de

"American History X"


 

Fiche Technique

Réalisateur : Tony Kaye
Acteurs : Edward Norton, Edward Furlong
Durée : 1h59
Pays de Production : Etats-Unis
Date de Sortie : 

03 Mars 1999

Nominations :

oscar 

 Meilleur Acteur (Edward Norton)

 

 


 

Scénario:
(Allociné)

A travers l'histoire d'une famille américaine, ce film tente d'expliquer l'origine du racisme et de l'extrémisme aux Etats-Unis. Il raconte l'histoire de Derek qui, voulant venger la mort de son père, abattu par un dealer noir, a épousé les thèses racistes d'un groupuscule de militants d'extrême droite et s'est mis au service de son leader, brutal théoricien prônant la suprématie de la race blanche. Ces théories le mèneront à commettre un double meurtre entraînant son jeune frère, Danny, dans la spirale de la haine.



L'Avis de Stone


Premier constat, American History X a très bien vieilli malgré ses dix années: une photographie merveilleuse, assez intelligente à vrai dire. Du coté réalisation, il n'y a rien à redire: elle est loin d'être "poussive", bien au contraire, très naturelle, jamais dans le "trop" malgré le thème abordé et la positition adoptée par Tony Kaye. Le scénario s'avère quant à lui on ne peut plus touchant et vraiment travaillé (pour une fois). Il ne tombe jamais dans la "facilité" et on s'en réjouit ! D'autant qu'il est porté par des acteurs brilliants.

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En effet, les deux Edward - dont la prestance et le charisme imposent le respect - en feraient pâlir plus d'un. Norton nous avait déjà habitué à ce genre de prestations, la surprise est donc toute entière concernant un Furlong littéralement habité par son personnage: un petit frère idolâtrant un aîné ayant bien mal tourné désormais à la recherche de la rédemption. Finalement, on pourrait légitimment se demander si Furlong n'est pas la véritable star du métrage - qui entend pourtant se focaliser d'avantage sur l'évolution du personnage de Norton.
En réalité, cette apparente focalisation sur le grand frère n'est qu'un leur: en parallèle de son évolution, on perçoit celle de Danny, qui a beaucoup plus de mal à accepter les divergences d'opinion de son modèle. Il devient au fur et à mesure du film de plus en plus perdu parmi ces conceptions qui l'ont construit tel qu'il est. L'enjeu est donc dans ce soudain revirement d'un mentor qui va faire devenir un nouvel homme, complètement neuf, en quête de rédemption. Danny hésite alors entre celui qu'il n'a pas vu depuis longtemps et qui l'a inspiré toutes ces années et ses nouveaux "compagnons" (d'infortune). Suivre ce en quoi il a toujours cru grâce à son frère (nazisme et racisme) ou ce en quoi ce dernier croit à présent depuis sa sortie de prison - où il a perçu la réalité de ses propres actes comme dans un miroir: le choix est difficile à réaliser. En effet, il a changé et ce radicalement, ce qui, il faut avouer, a de quoi déstabiliser un adolescent persuadé que son frère détenait la "vérité". Cette même vérité qu'il voit à présent bafouée par le même homme: déconcertant en somme.



Ainsi, grâce au devoir que doit rédiger Danny pour son cours particulier (intitulé sobrement "American History X"), on découvre la vie d'un Derek à l'origine skinhead, puis devenu prêcheur contre la haine, et d'un Danny épanoui sous les ailes de son frère mais, qui lorsque elles furent coupées, dévoilèrent un jeune homme livré à lui-même avec pour seule conception du monde celle de son - seul - modèle.


C'est donc un film travaillé et taillé avec précision qu'arrive à nous livrer Kaye. Pourtant, et à l'instar de beaucoup pour qui il s'agit du premier long-métrage hollywoodien, il tombe - hélàs - trop vite dans l'américanisation et l'ultra-sensiblisation d'un conflit plus universel et toujours d'actualité. En effet, "American History X" n'est au final pas assez "marquant" comparé au sujet qu'il traite (naissance de l'extrémisme aux Etats-Unis): il s'attache beaucoup trop à rendre un discours romancé là où la sobriété et une implacable dureté auraient été plus judicieuses.
On aurait donc aimer avoir affaire à un film  aussi dur et cruel que la réalité qu'il met en scène: le seul regret du film.


 

Ma Note :
16/20

Fiche Pratique
  
Style Drame, Politique
En quelques mots Naissance d'une haine inexpliquée
Du même genre Malcom X, Hooligans
Particulièrement conseillé pour  Les nazis, les américains, les blacks
Particulièrement déconseillé pour Les blacks, les nazis, les américains
A voir pour faire bonne impression devant ses collègues/amis...

 

Publié dans Drame

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